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Un peu d'histoire

Créé en 1970, le Parc naturel régional du Vercors peut aujourd’hui être considéré comme une partie intégrante de l’histoire du Vercors. Figurant dans le cortège des 10 premiers Parcs naturels régionaux français, il associe dès sa création des préoccupations de protection d’espaces naturels dont l’emblématique Réserve naturelle des Hauts-Plateaux officiellement créée en 1985, et celle du maintien d’activités au sein d’un milieu rural considéré comme fragile. 

Plus de 50 ans après, le Parc du Vercors demeure et reste en devenir, il s'adapte, il évolue, toujours attentif aux enjeux de demain... 

La grande histoire des Parcs naturels régionaux

La machine à remonter le temps, nous entraîne dans les années 60... En 1963, la DATAR (délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale) voit le jour. A cette époque, le concept des Parcs naturels régionaux n’existe pas. Les grandes métropoles fleurissent bon train aux dépens des territoires ruraux de proximité, une politique des Parcs naturels régionaux se dessine peu à peu. Lire Le grand remue-méninges pour une belle utopie, 2010

Rcette pour un Parc

Cheville ouvrière de la création du Parc naturel régional du Vercors, Jean-Pierre Feuvrier fut chargé de mission pour sa création de 1968-1972. Il eut dans ce projet de nombreux alliés dont Vercors nature, un groupe de passionnés déclaré en association "pour la promotion du Parc naturel régional du Vercors" le 25 octobre 1970.

Une interview de Jean-Pierre Feuvrier de 1969 dans les archives de l'INA ici.

 

Amphi Marius PéraudeauLes journées de Lurs,
l'origine de la création des Parcs

En septembre 1966, réunis à Lurs-en-Provence à l’initiative de la DATAR2, une centaine de personnalités de tous horizons (architectes, aménageurs, ministres, fonctionnaires, responsables d’associations, hommes de théâtres, poètes...) mettent en commun leurs réflexions pour inventer la formule des « Parcs naturels régionaux » à la française. Olivier Guichard, délégué à l’aménagement du territoire et à l’action régionale ouvre ainsi ces journées : «Ayant appris par expérience que l’aménagement du territoire ne se définit pas a priori, mais, comme le mouvement, se prouve en marchant, je ne me livrerai pas à l’exercice présomptueux de définir les Parcs naturels régionaux. (…) Nous en sommes, notre civilisation en est, à des choix d’utilisation des sols qui seront déterminants : ou ils se fonderont sur les seuls mécanismes économiques, ou ils traduiront une éthique, une civilisation : celle de demain. Il ne convient pas de faire de faux pas dans une affaire qui concerne la santé du pays.»

En février 1967, 14 futurs directeurs et animateurs de Parcs, mandatés par la DATAR, entament un tour du monde des Parcs. Le 1er mars de la même année, le décret de création des Parcs est signé par le général de Gaulle et en 1968, le 1er Parc naturel régional Saint Amand Raismes est créé (aujourd’hui nommé Scarpe-Escaut).

2 Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR), ancienne administration française de 1963 à 2014.

Les premières années

À l’époque de sa création, la proximité de centres urbains est perçue comme une opportunité de développement tout en suscitant la crainte de se voir déposséder des décisions liées aux enjeux propres à cet espace rural de moyenne montagne. La première charte du Parc du Vercors formule plusieurs attendus qui ont trait au rapprochement entre les agriculteurs et forestiers et le «grand public» en favorisant l’acculturation de ce dernier à la nature et au travail agricole. La promotion et la vente des produits agricoles «naturels» constitue déjà une priorité. «Au-delà de la protection du capital-nature», le Parc s’envisage comme «l’instrument d’une véritable rénovation rurale» pour que le Vercors devienne «l’espace privilégié de la formation des ruraux, d’une politique concertée de la jeunesse et du développement culturel» mais aussi de «l’information et l’épanouissement des citadins». À ce propos, la charte indique que le Vercors doit aider «la conversion de “l’envahissement” en “fréquentation”» et porte une attention particulière à la création d’équipements d’accueil liés aux activités de plein air et à l’accueil des jeunes en donnant la priorité aux installations modestes, à l’accueil diffus appartenant «en priorité aux ruraux». Beaucoup seront créées.

Le Parc du Vercors se positionne d’emblée en appui au tissu des communes rurales. Il met à leur disposition un potentiel d’animations, d’expertises et de moyens financiers, incarné par la présence de ce qu’on appellera par la suite les «développeurs territoriaux» et un fonds d’aide à l’équipement des communes. Dans chaque secteur, au sein d’un réseau de maisons du Parc (1972), il prend en charge l’animation du développement touristique et rural, le renforcement des infrastructures routières et d’adduction d’eau, et s’inscrit dans les enjeux sociaux, patrimoniaux ou environnementaux à une échelle intercommunale. Ces actions s’appuient sur un lien étroit avec des acteurs de la culture, de l’histoire et de l’éducation populaire, soucieux de cultiver une identité locale vivante et ouverte sur le présent. Elles s’ancrent également dans le lien qui se tisse peu à peu avec les acteurs de l’agriculture avec lesquels ils créent et consolident l’un des premiers services de remplacement en France et achètent des caravanes à mutualiser pour faciliter les départs en congés. Soutenue par le Parc, la filière locale du bleu du Vercors-Sassenage se développe (AOC 1998). En 2001, il crée la Fête du Bleu en vue d’élargir la renommée de la petite AOP.

Le Parc mobilise à l’époque de nombreux financements sur des projets dont l’agriculture, la forêt, la culture et les aménagements bénéficieront très positivement. Dans la continuité de cette approche intercommunale, le Parc vise également à cultiver une cohésion et une promotion du territoire à l’échelle du massif. Cette ambition justifie le choix d’intégrer au fur et à mesure, outre les balcons et contreforts de ces plateaux d’altitude, des secteurs du Royans, de la Gervanne, du Diois, du Trièves ou encore de l’agglomération grenobloise afin de cultiver une double identité : l’appartenance au plateau et les liens aux piémonts.

Couverture charte constitutive

 

Une crise importante à la fin des années 1990

Après trente ans d’activités, le travail intercommunal opéré par le Parc du Vercors a porté ses fruits. Mais au cours de cette nouvelle période, le Parc du Vercors doit faire face à une situation délicate : une crise financière grave liée aux complications du projet national de construction du mémorial de la Résistance de Vassieux-en-Vercors et la constitution progressive des communautés de communes qui absorbent une partie des missions du Parc. Le Parc se sépare alors de certaines de ses missions. Concrètement, il passe d’une centaine de salariés à environ 50 aujourd’hui. Moins portée sur le développement économique local, désormais l’apanage des communautés de communes, l’équipe se spécialise dans les fondamentaux des Parcs naturels régionaux (biodiversité, paysages, éducation à l’environnement...) ou pour lesquels une approche à l’échelle du massif Vercors a du sens (randonnée, promotion touristique, mobilités, agriculture, énergie...).

Quelques réalisations marquantes

1970 : création des refuges octogonaux, seuls subsistent aujourd’hui du col de Vassieux et de Chaumailloux, tous deux réhabilités récemment
1974 : service de remplacement des agriculteurs
1978-1982 : enquêtes sur le patrimoine iconographique et la mémoire orale du Vercors
1980 : création du 1ermusée de la Préhistoire, labellisé musée de France en 2002
1980 : création du centre de vacances Le Piroulet à Vassieux, toujours propriété du Parc
1983 : lancement de la marque Parc (devenue Valeurs Parc) et lancement de radio Vercors
1985 : création de la Réserve nationale des Hauts-Plateaux du Vercors, la plus grande réserve naturelle de France métropolitain
1986 : premiers carto-guides de randonnée
1989 : mesures agro-environnementales, le Vercors, un des territoires pionniers de ce dispositif à l’époque expérimental
1989 : réintroduction du bouquetin des Alpes
1990 : programme de soutien à l’émergence d’une filière bois-énergie
1992 : accompagnement pour l’expérimentation d’un équipement photovoltaïque à Omblèze
1992 : équipement des cabanes de bergers en panneaux photovoltaiques (programme européen)
1994 : ouverture du mémorial de la Résistance en Vercors à Vassieux-en-Vercors
1995 : embauche des gardes verts pour l’entretien des sentiers de randonnée
1999 : réintroduction du vautour fauve
2001 : première Fête du Bleu 
2005 : création de l’observatoire éco-climatique du Vercors (installation de six stations météorologiques)
2008 : programme Alimentation Santé Territoire dans la logique de circuits courts
2009 : premier contrat de diversification touristique 
2009 : lancement d’une campagne d’audits énergétiques dans toutes les communes du Parc
2010 : première réintroduction du gypaète barbu
2011 : plan de gestion de la tulipe sauvage
2013 : naissance de la marque Inspiration Vercors
2016 : Vercors en partage, réunir organisateurs de manifestations sportives et acteurs du territoire pour anticiper d’éventuels conflits
2018 : plan Loup Vercors visant l’amélioration de la cohabitation entre l’espèce et les activités pastorales
2018 : lancement de Rézo Pouce pour l’autostop organisé
2021 : création d'un atlas de la biodiversité communale à l'échelle de 38 communes du Vercors
2022 : première reproduction du gypaète barbu sur le Vercors

Les années 2010, 2020 et au-delà, un Parc en devenir

Depuis 1970, le monde a changé, le Vercors aussi. Des défis majeurs se font jour : crise financière, économique et écologique ; défi alimentaire et énergétique ; raréfaction des ressources ; risques des replis ; rapports au vivant ; économie numérique… Ainsi, au long court, le Parc du Vercors cherche à faciliter l’adaptation aux changements, à en créer les conditions favorables et à renforcer sa capacité d’anticipation. En accompagnant des projets innovants des acteurs de terrain, et coopérant avec les autres institutions aux échelles locale, régionale, nationale ou européenne, le Parc intervient, en soutien ou de sa propre initiative, sur des enjeux environnementaux et climatiques au cœur des préoccupations actuelles.

À titre d’exemples, il a initié des projets de diversification touristique (pour un tourisme des quatre saisons dès la fin des années 2000) ; porté la démarche des Centrales Villageoises (apparue en 2010 dans plusieurs Parcs naturels régionaux de Rhône-Alpes) ; apporté des soutiens méthodologiques aux projets alimentaires territoriaux et aux collectivités pour faire entrer le bio et le local dans la restauration collective (pour une transition des systèmes alimentaires vers la durabilité) ; s’engage sur les questions de la mobilité pour lutter contre l’autosolisme... L’écriture en cours du projet du territoire pour les 15 prochaines années, la charte, conforte le Parc du Vercors dans son rôle de catalyseur des différentes transitions et de maintien des grands équilibres territoriaux.

Yves Pillet
Yves Pillet ©Fabian da Costa

Yves Pillet, la retraite pudique d’un homme public

Figure politique marquante du Vercors, Yves Pillet a également été à deux reprises le président du Parc naturel régional du Vercors de 1979 à 1985 et de 1998 à 2008. Il vit aujourd'hui le plus souvent en Savoie.

Un portrait proposé par Lydia Chabert Dalix, habitante écrivaine du Vercors

Il vous reçoit entre les murs de sa maison de famille. Tout là-bas en Savoie, aux flancs de cette montagne qui l’a vu naître et qu’il se plaît à photographier sous toutes les coutures. À propos, l’homme du Parc du Vercors - il en a été le président durant dix années - affectionne toujours autant cette allure chic qui le caractérisait durant son temps d’homme public : chemise de lin noir, pantalon accordé.Traîne, sur une petite table, un élégant chapeau de feutre tout à côté d’un bouquet de pivoines. 
Yves Pillet, c’est un esthète, un pudique qui cache sa sensibilité artistique sous de tonitruantes sentences. Car l’homme est un créatif devenu, par militantisme, maire de Pont-en-Royans - 37 années tout de même - député, conseiller général, régional, président de la Communauté de communes de la Bourne à l’Isère et président du Parc naturel régional du Vercors. 
Pour beaucoup il est celui qu’il ne fallait pas contrarier si l’on voulait éviter les invectives. Car Pillet considère encore aujourd’hui que « si les gens ne sentent pas que tu vas renverser les montagnes ça ne passe pas. » (...)

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