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Le Vercors au Salon de l'agriculture 2022

Pour la onzième année, le Parc naturel régional du Vercors s'exposera au Salon international de l'agriculture à Paris Porte de Versailles en février 2022. Fort de son patrimoine agricole d’exception, éloigné de l’agriculture intensive, le territoire présente chaque année ses races locales, la vache Villard-de-Lans ou "Villarde" et le cheval du Vercors de Barraquand - ce dernier participera au Trophée national des chevaux et poneys de races reconnues du Concours général agricole.

C'est bien sûr toujours le moment d'échanger avec les éleveurs, de découvrir ou redécouvrir leurs savoir-faire et leurs produits dont l'AOP Bleu du Vercors-Sassenage !


Cette année, nous mettons à l'honneur la raison d'être de ce territoire : cultiver ses richesses à hauteur d'homme, au plus près des ressources, tout en reconnectant les plus jeunes générations à ses traditions.

Retrouvez-nous du 26 février au 6 mars 2022 dans l'espace coordonné par le CORAM sur le stand de l'OSRAR, stand 1E028 dans le pavillon 1 !

Le programme

La villarde

La villarde, un petit effectif pour un précieux lait ou une viande savoureuse

La Villard-de-Lans ou Villarde est une race à très petits effectifs. Le dernier recensement connu (2017-2018) compte 427 femelles dont la plupart sont en Isère et Drôme. 54% des élevages (44 sur 81) et 50 % des femelles (212 sur 427) sont sur le Parc naturel régional du Vercors. Depuis 2005, le nombre d’élevages sur notre territoire a plus que triplé.

Depuis 2020, le cahier des charges du bleu du Vercors-Sassenage AOP stipule que les troupeaux engagés dans cet AOP doivent comporter 3% de femelles Villard-de-Lans. La filière du bleu, accompagnée par quelques passionnés de la race ont par conséquent sauvé la Villard-de-Lans de sa lente disparition. Les jeunes du monde agricole ont suppléé cette dynamique en s’intéressant à ses caractéristiques et en imaginant leur installation seulement avec de la Villarde. Petit à petit cette race patrimoniale retrouve sa place dans les paysages et dans les étables, c’est une reconquête qui satisfait tout un territoire et contribue à sa renommée.

Eole des Sautes - cheval du Vercors de Barraquand

Le cheval du Vercors de Barraquand, la benjamine des races reconnues

Rustique, polyvalente, appliquée dans le travail et de plus en plus utilisée pour le tourisme équestre, la race chevaline montagnarde française, le cheval du Vercors de Barraquand, a été reconnue officiellement le 18 juillet 2017 par le ministère de l’Agriculture. Elle est la dernière en date mais n’en demeure pas moins une race séculaire sur le territoire.

Cette labellisation a été rendue possible grâce à la ténacité de l’association nationale du cheval du Vercors de Barraquand présidée actuellement par François Lejeune. L’association très dynamique, constituée tout autant d’éleveurs expérimentés que de jeunes, touche des publics différents, mixtes, intergénérationnels. Galvanisés, ses membres ne désarment pas pour soutenir le développement de cette race et de sa notoriété.

Bleu du Vercors-Sassenage
  © Lucie Moraillon

L'AOP bleu du Vercors-Sassenage

Le bleu du Vercors-Sassenage est l’une des plus petites AOP en lait de vache de France, c’est une réalité qui résonne comme une fierté. Fabriqué depuis le Moyen-Âge, le bleu du Vercors-Sassenage est intimement lié à l’histoire du Vercors. Durant de longues années, le baron de Sassenage s’octroya même un droit exclusif sur ce délicieux fromage en le collectant sous forme d’impôt ! Ce n’est qu’en 1338 qu’il autorisa pour la première fois sa commercialisation. Sa fabrication traditionnelle à la ferme se maintient jusqu’au début du XXe siècle mais est peu à peu abandonnée à partir des années 1920.

Au début des années 1990, la filière fromagère du Vercors était vouée à disparaître si les producteurs n’avaient pas décidé de prendre son destin en main. Ainsi, sur le Vercors, on favorise la vente directe en valorisant les circuits courts et les échanges avec les clients. Les vaches sont nourries de foin provenant uniquement de la zone géographique et sont élevées dans un système extensif.

Prairies fleuries
 © Grégory Loucougaray

Les prairies fleuries du Vercors

Les prairies fleuries montrent que production fourragère et biodiversité peuvent aller ensemble, que des éleveurs, par leurs pratiques, contribuent à maintenir une riche biodiversité tout en façonnant les paysages du Vercors. Des critères scientifiques (INRAE) permettent d'apprécier leurs qualités.

Dans le cadre du concours des prairies fleuries (devenu le Concours des pratiques Agro-écologique – prairies et parcours), le Vercors est certainement le territoire qui a présenté le plus de parcelles : 126 parcelles depuis 2010 de 90 levages différents, avec des 1ers prix nationaux plusieurs reprises.

Pour accompagner le maintien de ces prairies riches, le Parc du Vercors a permis aux agriculteurs qui le souhaitaient de contractualiser la Mesure Agro-Environnementale "prairies fleuries" sur une partie de son territoire. Ainsi, 1240 ha ont été mis en contrat par 59 exploitations.

La marque Valeurs Parc naturel régional bénéficie à certains produits d'agriculteurs impliqués dans une démarche de progrès en lien notamment à la préservation et la valorisation des patrimoines dont les prairies fleuries qui doivent représenter plus de 50% des prairies de la ferme.

Pauline Guillot
  © Bernard Claeyssen

Pauline Guillot : de jeune présidente des Graines d'éleveurs du Vercors à agricultrice accomplie

Pauline Guillot, 21 ans, a choisi de prendre le chemin des écoles agricoles qu'elle a terminé en 2021 par l’obtention d’un CS fromagerie. De 2017 à 2021, elle a été la jeune présidente de l’association des Graines d’éleveurs du Vercors, avant de se lancer à son tour dans l'aventure professionnelle agricole. Depuis, Pauline est devenue un modèle pour les enfants d’agriculteurs, symbolisant l’amour du métier, la curiosité, et l'engagement au service de la richesse du patrimoine agricole français. Depuis octobre 2021, elle travaille une partie de son temps dans la ferme familiale de la Grand'Mèche à Lans-en-Vercors et complète son expérience au service de remplacement du Vercors. Elle n’imagine pas son installation sans vaches de races Villard-de-Lans. Elle connaît les caractéristiques de chacune, même si son affection est plus importante pour Génoise, l’une des premières à être arrivée dans sa ferme, qui a su se faire apprécier par son charisme, sa capacité laitière et sa gentillesse.

Elle sera présente au SIA du 25 février au 1er mars.


Lucien Idelon

Lucien Idelon : le record-man de la Villarde 

Lucien Idelon, 25 ans, a repris la ferme des Villardes à Izeron il y a 2 ans. Il est avant tout un passionné depuis tout petit par les vaches de la race Villard-de-Lans, puisque Catherine et Bernard ses parents ont élevé depuis longtemps un troupeau de cette race pour la viande. Avec 40 Villardes sur les 45 vaches qu’il possède, il a le plus gros troupeau de cette race, qui pâturent essentiellement des prairies de montagne jusqu’en alpage. Il mise sur la vente directe de sa viande aux consommateurs.

Lucien sera présent du 1er au 6 mars. Sa vache Laika et son veau seront présents quant à eux dès le 26.

Alexis Fanjas

Alexis Fanjas : un militant de l'agriculture durable

Alexis Fanjas, 28 ans, a grandi au milieu des animaux dans la ferme familiale des Écureuils à Villard-de-Lans. La passion du métier, il l’a eu très tôt. Cette dernière s'est renforcée au fil du temps au contact de ses maîtres de stage. Il s’est installé le 1er janvier 2018 aux côtés de son père, en reprenant l’activité de son associé parti à la retraite. Il s’épanouit sur un territoire qu’il affectionne particulièrement, et qui lui offre la possibilité d’associer aux travaux de la ferme une activité de saisonnier dans la station de Villard-de-Lans. Les 50 vaches laitières de son troupeau pâturent dans des prairies permanentes où la flore abondante apporte des qualités organoleptiques exceptionnelles au lait. Sa philosophie : une agriculture extensive respectueuse de l’environnement, principe qu'il partage avec les jeunes qu’il côtoie au sein des différentes instances agricoles dans lesquelles il s’est engagé, pour contribuer au maintien de cette économie rurale. Sa volonté de tendre toujours plus vers une exploitation plus proche de son environnement et du consommateur fait de lui un ambassadeur incontournable de la nouvelle génération d'agriculteurs.

Quentin et Nathan Argoud-Puy

Nathan et Quentin Argoud-Puy : frères de métiers... et dans la vie !

 

Nathan Argoud-Puy, 22 ans, sera la 6e génération à s’installer sur la ferme familiale des Allières à Villard-de-Lans. C’est en classe de BTS qu’il choisit d’entamer des études agricoles, tout d’abord en se formant sur l’équipement et le matériel, puis les deux années suivantes en se spécialisant en conduite d’élevage et en transformation fromagère. Des compétences qui lui permettront une gestion pointue de son métier d’agriculteur. Nathan a à cœur de transformer de bons fromages, notamment le fameux bleu du Vercors-Sassenage, AOP de son territoire qu’il affectionne tout particulièrement. Dans la ferme familiale, il y a des montbéliardes mais aussi des vaches de race Villard-de-Lans qui retrouvent petit à petit leur place dans l’exploitation. Quentin, son frère ainé construit une fromagerie qui ouvre ses portes en 2022. Nathan aura le plaisir prochainement d’y trouver sa place avec l’envie de transmettre en direct aux consommateurs sa passion pour l’agriculture vertueuse de son territoire.

Quentin Argoud-Puy, 27 ans, a grandi avec son frère sur l’exploitation familiale. C'est la passion du métier qui l'a conduit à poursuivre ses études supérieures dans le domaine agricole (BTS et Licence). Après avoir perfectionné son savoir-faire en transformation fromagère dans une exploitation voisine, Quentin s'est lancé cet automne dans la construction de sa propre fromagerie sur l’exploitation familiale, pour produire du bleu du Vercors-Sassenage. Son ambition : fabriquer un fromage fermier de qualité constante tout au long de l’année en réponse à un marché connaissant une demande croissante de fromage authentique et de caractère. Quentin fait par ailleurs partie du syndicat des jeunes agriculteurs du Vercors, composé d’une trentaine de jeunes dynamiques et motivés par la filière.

Nathan aura le plaisir de représenter sa fratrie au SIA le samedi 25 et le dimanche 26 février, il partagera avec le grand public son savoir-faire en tant que transformateur fermier de bleu du Vercors-Sassenage.

 

Victor SchimmelVictor Schimmel : le fromage en héritage

Victor Schimmel, 24 ans, a grandi dans le Lot. Sa vocation, il la doit à son voisin qui lui enseigne le métier d’agriculteur. De fil en aiguille, cet intérêt naissant devient la direction qu’il choisit pour son avenir professionnel, en obtenant son diplôme en agriculture et fromagerie. Victor est arrivé il y a trois ans à la ferme de Roche Rousse Saint-Martin-en-Vercors dans l’objectif d’être le troisième associé de ce GAEC qui correspond à ses attentes : un troupeau  dimension humaine dont le lait est transformé en produit de qualité et bio tels que le bleu du Vercors-Sassenage AOP et vendu en circuits courts. À cela s'ajoute une culture de proximité avec le troupeau, pour Victor, la production d'un produit n'est pas seulement affaire de technique, mais également de liens tissés avec les bêtes. Victor est le nouvel associé de la ferme depuis le 1er août 2020.

Eddy Blanc-Pâques

Eddy Blanc-Pâques : une histoire tardive mais passionnelle avec l'agriculture

Eddy Blanc-Pâques, 30 ans, a baigné dans la ferme familiale toute son enfance. Pourtant, ce n'est que plus tardivement après des expériences professionnelles éclectiques que son attachement et son intérêt se concrétisent pour le cœur d'activité familiale. Installé en 2013 pour remplacer son père après son départ à la retraite à la ferme de la Cerisière, il est aujourd’hui très impliqué dans les différentes gouvernances des structures agricoles de son territoire. Parmi ces dernières, la structure coopérative Vercors-Lait dans laquelle il valorise sa production de lait. Quand il n'est pas  la ferme, Eddy est saisonnier à la station d'Autrans-Méaudre en Vercors. Amoureux de son métier, il aspire à échanger et faire de la pédagogie autour du monde agricole et de ses spécificités.