2023 - Un écrin pour l'art contemporain
Ethel Buisson - Grand-père, comment t'appelles-tu ?
L'exposition retrace l'itinéraire qu'Ethel Buisson a effectué pour suivre le parcours de son grand-père, dont elle a découvert le prénom en le lisant pour la 1ère fois sur le mur des noms du mémorial de la Shoah.
Un parcours photographique et sonore qui retrace l’histoire de Srul Ruger, de Varsovie à Paris jusqu’à Auschwitz ainsi que la fuite de sa grand-mère Chuma et de sa mère Agnès depuis leur évasion du Vel-d'Hiv en juillet 1942 jusqu'à Méaudre. Aujourd'hui, l'école d'Autrans-Méaudre porte le nom d'Agnès Buisson.

Une exposition revisitée
Présentée pour la première fois en 2016 à la mairie du 9e Arrondissement de Paris, Ethel Buisson l'a depuis revisitée et complétée par un nouveau voyage à Auschwitz en septembre 2022. En parallèle elle a travaillé sur un deuxième opus qui la guide cette fois-ci au travers de la France jusque dans le Vercors, terre de résistance où sa mère et sa grand-mère se sont cachées il y a 80 ans. Les deux volets se répondent et sont montrés dans des espaces conjoints du Mémorial.
"Le traumatisme lié à la disparition de mon grand-père m’empêchait jusqu’à peu de poser cette question à mes proches et à moi-même. Je ne connaissais son prénom ni en hébreu, ni en yiddish. Son trajet était imprécis. L’idée de m’adresser à lui, impossible. Alors j’ai voulu reconstituer l’itinéraire de sa disparition, photographier les endroits où les faits se sont déroulés et enregistrer les sons ambiants, 70 ans après, à dates et heures précises, reconstituant ainsi « un souffle de vie ».
J’ai mené une enquête dans l’espace et dans le temps pour tenter de comprendre. Visiter les scènes du crime, prélever toutes les empreintes laissées, comme un moulage de l’absence et tenter d’impressionner le film argentique par l’invisible. Prendre le temps de vitesse avant qu’il ne me rattrape, capter les images et les sons, ces riens du tout…"
Et depuis 2022,
" J’ai suivi le trajet de figures familiales, pas à pas, sur les lieux des exactions et traumatismes, aux dates anniversaires. J’ai inventé un dispositif commémoratif patient, par la photographie réalisée à la chambre, trépied et procédé argentique, doublé d’une captation sonore. En m’appuyant sur les récits familiaux et les archives je me suis autorisée et obligée à prendre rendez-vous avec l’histoire et la géographie à date spécifique.
L’acte photographique est venu concrétiser la prégnance des lieux avec le dépôt du voile de la mémoire sur le paysage.
Les reconstitutions spatio-temporelles du calendrier familial viennent à leur tour prendre place dans les espaces du mémorial et font écho à son architecture et au site. Elles tentent de traduire par la scénographie et le récit l'expérience traversée."
Ethel Buisson
C215, alias Christian Guémy, expose les portraits des compagnons de la Libération

Ces visages nous questionnent : quelles intentions les habitaient ? Pourquoi se sont-ils engagés ? Quelles émotions les emportaient ? Ces questions émergent dès que l’on prend le temps de soutenir leur regard et d’entrer en contact avec ces visages. Pourraient-ils alors s’animer pour nous faire partager leur combat dans la clandestinité, dans le désert d’Afrique ou dans le ciel de l’Angleterre ?
Cette démarche autour des Compagnons de la Libération se poursuit lors d'une résidence artistique dans le Vercors pendant laquelle C215 créera des œuvres originales, visibles lors de la visite du Mémorial ainsi que dans les villages de Saint-Martin et Vassieux-en-Vercors. C215 produira pour le parcours de visite permanent une série de cinq portraits de Résistants, hommes, femmes, civils, militaires, ayant laissé leur trace sur le Vercors.
Pour les communes de Saint-Martin-en-Vercors et Vassieux-en-Vercors, deux œuvres in situ viendront surprendre le visiteur au détour d'une rue ou d'une habitation, perpétuant ainsi, hors les murs, le souvenir de ces Résistants.
Appliquée sur des objets du quotidien des années de guerre – poste radio, journaux, appareil photo, guêtres ou gamelles – la technique mixte de l’artiste nous rend familiers ces hommes et ces femmes au parcours d’exception. C’est cette proximité qui éveille notre intérêt pour telle ou telle figure et qui nous édifie en les faisant passer de l’ombre à la lumière.
