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Le subtil jeu des influences climatiques montagnardes, méditerranéennes et atlantiques mais aussi du relief, fait du Vercors un massif d'une exceptionnelle richesse botanique abritant plus de 1800 espèces végétales.

Entre 200 m au fond du Royans et 2341 m d'altitude au sommet du Grand Veymont, tous les étages de végétation sont représentés, entre le domaine supra-méditerranéen, le continental à influence sud atlantique, jusqu'au subalpin des Hauts Plateaux.
Dans le Vercors, la flore alpine côtoie la lavande et les prairies sèches à orchidées. Sur une même pente, dans le Diois, au sud du massif, on peut rencontrer l'Edelweiss, symbole de haute montagne, et le Thym, typiquement méditerranéen.

C'est au printemps et au début de l'été quil faut découvrir la flore colorée du Vercors. Erythrones, globulaires, androsaces, soldanelles, gentianes, trolles, tulipes sauvages, pensées, renoncules, lis martagon et de nombreuses espèces d'orchidées sauvages, constituent alors de véritables rocailles et parterres fleuris.

Cette profusion et cette richesse de la flore et de la végétation sont dues au concours de la situation géographique intermédiaire du Vercors, de son dénivelé qui détermine quatre étages de végétation et de son histoire floristique passée.


  • Situé à la transition entre les Alpes du nord et du sud, le Vercors présente un contraste frappant entre les versants méridionaux à flore d'affinité méditerranéenne et les reliefs du nord recouverts d'une végétation de teinte septentrionale. Cette opposition est particulièrement palpable de part et d'autre du Col de Rousset.

  • L'ascension des pentes du Vercors à partir des vallées permet d'appréhender facilement l'étagement de la végétation:
    • Du pied des contreforts du Vercors (200 m) à 900 m, l'étage collinéen supra-méditerranéen abrite des forêts de chêne pubescent et pin sylvestre sur les roches marneuses et les éboulis calcaires où des bois de pin noir d'Autriche ont aussi été plantés pour lutter contre l'érosion des versants. Dans les régions de l'ouest et de l'est du massif (Royans, Trièves) on trouve des forêts de chêne sessile, de charme et de châtaignier sur les terrasses alluviales et les collines de molasse. Enfin, le Diois et la Gervanne qui bordent le massif au sud présentent un cortège d'espèces méditerranéennes dont certaines en limite de répartition (Chêne vert, Pistachier térébinthe, Thym, Herbe à goudron, Alaterne, Aphyllanthe de Montpellier, Genêt cendré, Lavande...).
    • Entre 900 et 1600 m, c'est le domaine de l'étage montagnard essentiellement forestier ; le hêtre et le sapin dominent dans les versants frais et humides tandis que les coteaux ensoleillés et secs sont couverts de pin sylvestre au tronc ocre.
    • De 1600 à 2100 m environ, l'étage subalpin est occupé sur une grande surface par le Sapin ainsi que par le Pin à crochets brièvement accompagné par l'Épicéa dans la partie inférieure. La forêt de Pin à crochets du plateau, étroitement imbriquée à des pelouses subalpines et des rocailles pentues, est une des plus remarquables des préalpes calcaires françaises.
    • De 2100 à 2341 m, l'étage alpin dépourvu d'arbre ne montre le bout de son nez qu'aux alentours du sommet du Grand Veymont avec ses crêtes ventées et ses pentes rocailleuses.


    A cette végétation bien ordonnée par l'altitude et l'exposition, il faut ajouter les associations spécialisées des éboulis et falaises omniprésentes sur le Vercors.

 
  • Les migrations floristiques du tertiaire et les glaciations quaternaires ont apporté puis maintenu dans le Vercors des espèces reliques dont certaines ont évolué vers des endémiques particulièrement rares. Ainsi les éboulis thermophiles du rebord méridionnal et oriental du Vercors abritent notamment deux méga-endémiques des Alpes suboccidentales, la Berardie laineuse et la Berce naine tandis qu'une espèce comme le Saxifrage du Dauphiné décrite par un botaniste local, l'Abbé Ravaud, est une endémique très localisée qui nexiste que dans une aire de 100 km2.
    Des stations d'espèces pyrénéennes très éloignées de leur aire principale ont été découvertes comme la Sabline pourprée, la Germandrée des Pyrénées et la Primevère à feuilles entières. Il n'est pas surprenant par conséquent de compter sur le Vercors près d'une soixantaine d'espèces végétales protégées au niveau national ou régional comme le Sabot de Vénus et l'Orchis de Spitzel dans les milieux forestiers, le Panicaut blanche épine et la Valériane des débris dans les éboulis, la Primevère oreille d'ours et l'Androsace pubescente dans les falaises et les vires, le Genêt ailé du Dauphiné dans les pelouses rocailleuses ou la Tulipe sylvestre dans les moissons cultivées du Sud Vercors.

  • Les orchidées
    Une attention particulière doit être accordée à ce groupe floristique spectaculaire et particulièrement bien représenté dans le Vercors. Celui-ci est célèbre pour la présence en grand nombre d'espèces prestigieuses et protégées au niveau national comme le Sabot de Vénus particulièrement bien représenté dans les zones de pinèdes claires et de hêtraies sapinières, l'Ophrys de la Drôme, très localisé dans la Gervanne et le Royans, l'Orchis de Spitzel dans le Trièves ou encore l'Epipogon sans feuilles dont quelques stations sont connues dans les 4 Montagnes et le Vercors Central. D'autres espèces comme l'Orchis de Traunsteiner, l'Orchis à 3 dents ou l'Epipactis à petites feuilles font également partie de cette liste qui ne comprend pas moins de 63 espèces.
    Les régions de Gigors et Lozeron et Plan-de-Baix (Gervanne), de Chichilianne et Trézannes (Trièves), de Choranche et Châtelus (Royans), de St-Nizier-du-Moucherotte (4 Montagnes) comptent parmi les plus remarquables en terme de diversité orchidologiques mais c'est en fait l'ensemble du massif qui revêt un intérêt particulier. La présence de guides locaux particulièrement compétents dans ce domaine facilite la découverte de ces espèces remarquables.

 

 

 

 

Parc naturel régional du Vercors - chemin des fusillés - 38250 Lans en Vercors - Tel : 04 76 94 38 26 - info@pnr-vercors.fr